jeudi 13 août 2009

En vrac

Bonjour,
voici à nouveau quelques observations dépaysantes (enfin je l'espère) sur le Burkina Faso, cette fois-ci en vrac.

Bonne arrivée
Ici on ne dit pas "bienvenue", on dit "bonne arrivée". En revanche, on le dit à tout bout de champ : quand quelqu'un descend de l'avion, arrive chez soi, revient du travail (ou au travail pour saluer un collègue qui arrive). L'hospitalité est vraiment une des caractéristiques principales des Burkinabè.

Chinoiseries
C'est ainsi qu'on appelle ici les objets chinois à des prix imbattables (mais souvent de piètre qualité) qui inondent le marché et tuent l'économie locale, du textile synthétique qui remplace progressivement le coton produit sur place à la mobylette, ... et aux filles de joie en provenance directe de l'Empire du Milieu qui font une concurrence sévère à leurs homologues africaines (lu dans le journal loca, je n'ai pas testé !).

Justice
Une anecdote pour illustrer le fonctionnement de la police et de la justice locale : il y a quelques années ou quelques mois sévissaient autour de Ouagadougou des coupeurs de route (bandits de grand chemin qui arrêtent les véhicules pour en rançonner les occupants). Un jour, ceux-ci font l'erreur, sans le savoir, d'arrêter et de détrousser un ministre, qui rentrait au village. Quelques mois plus tard, il n'y avait plus aucun coupeur de route dans le pays : tous avaient été traqués puis abattus sans sommation, et sans faire de prisonnier, par la police. Ce genre de "nettoyage" a bien sûr été entaché de quelques bavures, comme ce chauffeur de car abattu sans préavis car il avait eu le malheur de prendre en stop, sans le savoir, des coupeurs de route qui cherchaient à fuir incognito ...

Paludisme
Il fait vraiment partie de la vie courante ici. J'ai l'impression que tout le monde l'a attrapé au moins une fois dans sa vie. En 3 semaines, j'ai rencontré trois malades actuels et on m'a parlé d'autres cas. Depuis hier, mon hôte actuel Thomas est atteint de la maladie : courbatures, douleurs aux articulations, grosse fièvre, vomissements, migraines occasionnelles et grosse fatigue. Heureusement le paludisme se soigne bien maintenant, et ce n'est plus l'affaire que de quelques jours ... quand on s'y prend à temps et qu'on a les moyens de se faire soigner : il y a deux semaines le fils d'un voisin de Mahamadi, âgé de 7 ans, est décédé du paludisme.

Religion
A Ouaga les gens sont soit Musulmans (environ 60% d'entre eux d'après mes estimations personnelles), soit Chrétiens (environ 40%). Il ne semble pas y avoir d'animistes, alors qu'ils sont encore 25% dans le reste du pays (pour 50% de Musulmans et 25% de Chrétiens). La cohabitation entre les différentes religions se passe apparemment sans problème (de toute façon, je vous rappelle qu'"il n'y a pas de problème !"). Les Chrétiens ne se plaignent pas des appels à la prière des muezzins de jour comme de nuit, et les Musulmans ne disent rien contre le prosélytisme des Chrétiens dont beaucoup portent des chemises conteant des messages à la gloire de Jésus :-) La plupart des Chrétiens sont catholiques, même s'il existe quelques communautés protestantes évangéliques (dont les démonstrations publiques à la manière américaine font sourire les Burkinabè ...), et sont très pratiquants. J'ai assisté par curiosité à deux messes : les églises sont bondées, et les chorales, qui interprètent des chants proches du gospel, d'excellent niveau (un régal pour les oreilles !). Les Musulmans sont majoritairement chiites, et me semblent relativement peu pratiquants : beaucoup semblent ne pas répondre aux appels du muezzin (mais j'ai quand même vu un peu partout des Musulmans poser leur tapis et s'accroupir pour prier), j'en connais qui boivent de l'alcool ou mangent du porc, et peu portent la barbe. Il existe une minorité sunnite, apparemment plus radicale : les quelques femmes qu'on croise en burqa ou niqab sont sunnites.

Secteur informel
On regroupe sous ce terme tous les vendeurs occasionnels, ambulants ou non. Leurs recettes échappent aux impôts, ce qui crée un gros manque à gagner pour l'Etat. Néanmoins, ils sont si nombreux à (sur)vivre de cette façon qu'ils font partie du paysage, et contrairement à la France les gens achètent très volontiers à ces vendeurs de T-shirts, cartes de téléphone, arachides, CD, jeux à gratter, fruits, journaux, ... D'autres proposent de menus services pour un prix dérisoire : j'ai ainsi fait cirer mes chaussures pour 50 Francs CFA, soit 7,5 centimes d'euro !

Dans mon prochain message, je donnerai quelques détails sur le système éducatif au Burkina. A bientôt !

3 commentaires:

  1. Je suis vraiment fan de tes récits pitoresques, même si parfois tu te contente de l'avis de la presse sans t'être fait ta propre opinion... ;-)

    RépondreSupprimer
  2. Toujours aussi bien tes articles - reportages! Tu vas pouvoir te recycler en correspondant permanent pour la tv ou la presse française!

    RépondreSupprimer
  3. eric & julie14 août 2009 à 09:36

    Toujours tres interessant et bien ecrit ! :)

    RépondreSupprimer